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Création d'entreprise Étape : Je me lance

Micro-entreprise ou SASU : quel statut choisir pour ton premier projet

Cotisations, impôt, frais, chômage et protection sociale : la comparaison chiffrée 2026 pour choisir entre micro-entreprise et SASU selon ton projet.

Tampon et dossiers pour choisir micro-entreprise ou SASU

Ton idée tient la route, tes premiers clients sont là, et il faut maintenant choisir un statut. Autour de toi, les avis s’opposent. Un ami ne jure que par la SASU, un autre te dit qu’une micro suffit largement. Le choix entre micro-entreprise ou SASU ne se tranche pas au feeling. Il dépend de trois chiffres que tu connais déjà ou presque. Ton chiffre d’affaires prévu, tes frais, et la protection sociale que tu veux.

  • Pour démarrer ou tester une activité, la micro-entreprise est presque toujours le choix le plus simple et le moins cher.
  • La SASU devient intéressante avec des frais élevés, un chiffre d’affaires au-delà des plafonds, ou des associés en vue.
  • En 2026, la micro paie 12,3 % (vente), 21,2 % ou 25,6 % (services) de cotisations sur ce qu’elle encaisse, dans la limite de 203 100 € ou 83 600 € par an.
  • Tu peux commencer en micro et passer en SASU plus tard, sans perdre tes clients.

Micro-entreprise ou SASU : lequel choisir pour ton projet ?

Entre micro-entreprise ou SASU, choisis la micro-entreprise si tu démarres seul, avec peu de frais et un chiffre d’affaires sous les plafonds, car elle se crée gratuitement et se gère en quelques minutes par mois. Choisis la SASU si tes frais sont importants, si tu vises un chiffre d’affaires élevé, ou si tu veux accueillir des associés.

En pratique, trois situations reviennent souvent.

  • Tu testes une idée ou tu lances une activité à côté d’un emploi : micro-entreprise.
  • Tu factures des prestations intellectuelles avec peu de dépenses, sous 83 600 € par an : micro-entreprise, dans la plupart des cas.
  • Tu achètes du matériel, du stock ou de la sous-traitance en quantité, ou tu prévois de lever des fonds : SASU.

Le reste de l’article t’aide à placer ton projet dans l’une de ces cases, chiffres à l’appui.

Quelles différences entre micro-entreprise et SASU ?

La différence de fond tient en une phrase. La micro-entreprise est un régime simplifié d’entreprise individuelle : toi et ton entreprise, c’est la même personne sur le plan fiscal. La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est une société, une personne morale distincte de toi, dont tu es le président et l’unique associé.

Tout le reste découle de là. Le tableau ci-dessous résume ce qui change au quotidien.

CritèreMicro-entrepriseSASU
CréationEn ligne, gratuiteStatuts, dépôt du capital, annonce légale, environ 200 € de frais
CapitalAucunLibre, à partir de 1 €
Plafond de chiffre d’affaires 2026203 100 € (vente), 83 600 € (services)Aucun
Cotisations socialesPourcentage du chiffre d’affaires encaisséSur le salaire versé uniquement, environ 80 % du net
Frais déductiblesNon, abattement forfaitaireOui, frais réels
ImpositionImpôt sur le revenu (ou versement libératoire)Impôt sur les sociétés, 15 % puis 25 %
Protection socialeTravailleur indépendantAssimilé salarié (sans chômage)
ComptabilitéLivre des recettesComptabilité complète, bilan annuel
Expert-comptableFacultatifQuasi indispensable, environ 1 500 € HT par an

Les cotisations sociales

En micro-entreprise, tu paies un pourcentage fixe de ce que tu encaisses, chaque mois ou chaque trimestre. En 2026, le taux est de 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations commerciales et artisanales, et 25,6 % pour les autres prestations de services, comme le conseil, le graphisme ou le développement. Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations.

En SASU, les cotisations ne portent que sur le salaire que tu te verses. Elles sont lourdes, de l’ordre de 80 % du salaire net. Mais si tu ne te verses aucun salaire, tu ne paies aucune cotisation. Les dividendes, eux, n’en supportent pas, seulement les prélèvements fiscaux et sociaux.

L’impôt

En micro, ton chiffre d’affaires est ajouté à tes autres revenus après un abattement forfaitaire censé représenter tes frais, de 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations commerciales et 34 % pour les autres prestations. Sous conditions de revenus, tu peux opter pour le versement libératoire et payer l’impôt en même temps que tes cotisations (1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d’affaires selon l’activité).

En SASU, la société paie l’impôt sur les sociétés sur son bénéfice : 15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà, sous conditions. Toi, tu es imposé sur ce que tu te verses. Depuis le 1er janvier 2026, les dividendes sont taxés à 31,4 % au titre du prélèvement forfaitaire unique, contre 30 % auparavant.

La TVA

Sur ce point, les deux statuts sont logés à la même enseigne. Tant que ton chiffre d’affaires reste sous les seuils de la franchise en base de TVA, inchangés en 2026 (37 500 € pour les services, 85 000 € pour la vente), tu ne factures pas de TVA. Au-delà, tu la factures, quel que soit ton statut. On confond souvent ce seuil avec le plafond de la micro-entreprise, alors qu’il est plus bas.

Combien te reste-t-il en micro-entreprise et en SASU ?

C’est la question qui compte vraiment, et presque personne ne fait le calcul. Prenons un cas concret, avec des chiffres arrondis et simplifiés. Ils ne remplacent pas une simulation avec ta situation personnelle, mais ils montrent l’ordre de grandeur.

Exemple : Clara est consultante en ressources humaines. Elle prévoit 60 000 € de chiffre d’affaires hors taxes par an et 6 000 € de frais (logiciels, déplacements, assurance, ordinateur).

En micro-entreprise

  • Cotisations à 25,6 % : 15 360 €
  • Frais payés de sa poche : 6 000 €
  • Il lui reste environ 38 600 € avant impôt sur le revenu, calculé sur 39 600 € (60 000 € après l’abattement de 34 %)

En SASU

La société encaisse 60 000 €, paie les 6 000 € de frais et environ 1 500 € d’expert-comptable. Il reste 52 500 € à distribuer à Clara, de deux façons possibles.

  • Tout en salaire : avec des cotisations d’environ 80 % du net, elle touche à peu près 29 000 € nets avant impôt, avec une bonne couverture retraite et maladie.
  • Tout en dividendes : la société paie environ 8 900 € d’impôt sur les sociétés, puis les dividendes subissent 31,4 %. Elle touche environ 29 900 €, impôt compris, mais sans cotiser pour sa retraite.

À ce niveau d’activité, la micro-entreprise laisse nettement plus à Clara, même après son impôt sur le revenu. L’écart vient des cotisations de la SASU sur le salaire, du coût du comptable et de l’impôt sur les sociétés. Ce calcul change si les frais de Clara montent à 20 000 € par an, car en micro elle ne peut pas les déduire et paie des cotisations sur des sommes qu’elle ne garde pas.

Pour refaire ce calcul avec tes propres chiffres, pars de ton prix et de ton volume de ventes. Notre méthode pour fixer tes prix quand tu te lances te donne le chiffre d’affaires à viser, statut par statut.

Dans quels cas la micro-entreprise est-elle le bon choix ?

La micro-entreprise convient à la majorité des projets qui démarrent. Elle coûte peu, se crée en ligne gratuitement, et ne t’oblige ni à tenir une comptabilité complète ni à payer un comptable. Surtout, tes cotisations suivent ton activité : un mois sans client ne te coûte rien.

Tu veux tester ton activité

Tant que tu ne sais pas si ton offre trouve preneur, chaque euro de frais fixes est un euro de risque. La micro te permet d’encaisser tes premières ventes et de fermer sans frais si ça ne prend pas. C’est le statut logique après une phase où tu as su tester ton idée auprès de vrais clients.

Tes frais sont faibles

Un rédacteur, un développeur ou un coach dépense peu. Un ordinateur, quelques abonnements, une assurance. L’abattement forfaitaire couvre largement ces frais, et le taux de cotisation s’applique à un chiffre d’affaires qui est presque entièrement du revenu.

Tu cumules avec un emploi ou une retraite

La micro est compatible avec un contrat salarié, sous réserve d’une éventuelle clause d’exclusivité, et avec la retraite. Ta protection sociale principale reste celle de ton emploi, la faiblesse de la micro sur ce point pèse donc moins.

Quand la SASU devient-elle plus intéressante ?

La SASU prend l’avantage dès que la simplicité de la micro se paie trop cher. Quatre signaux doivent te faire réfléchir.

  1. Tes frais réels dépassent l’abattement. Si tu achètes du stock, sous-traites ou investis dans du matériel, la micro te fait cotiser sur de l’argent que tu dépenses aussitôt.
  2. Ton chiffre d’affaires approche les plafonds. Au-delà de 83 600 € en services deux années de suite, tu sors de la micro de toute façon.
  3. Tu veux faire entrer des associés ou des investisseurs. Une SASU se transforme en SAS en cédant des actions, sans recréer de structure.
  4. Tu veux une protection sociale de salarié (retraite, prévoyance) et tu as la marge pour te verser un salaire.

La SASU apporte aussi de la souplesse. Tu choisis combien tu te verses et quand, tu peux laisser des bénéfices dans la société pour financer un investissement, et tu peux mixer salaire et dividendes selon les années.

Exemple : Thomas ouvre un atelier de réparation de vélos électriques. Entre les pièces détachées, le loyer et l’outillage, ses frais représentent près de 60 % de son chiffre d’affaires. En micro, il cotiserait sur la totalité de ses ventes, y compris le prix des pièces revendues. En SASU, il ne paie l’impôt que sur son bénéfice réel. Pour lui, la société est le bon choix dès le départ.

Et si tu touches le chômage ?

C’est un critère souvent décisif. En SASU, si tu ne te verses pas de salaire, tes allocations chômage peuvent en principe être maintenues en totalité pendant que ta société se développe. Tu vis de l’allocation, la société garde ses bénéfices, et tu te verses des dividendes plus tard.

En micro-entreprise, l’allocation est aussi cumulable, mais réduite en fonction de ton chiffre d’affaires déclaré. Plus tu factures, moins tu touches. Dans les deux cas, présente ton projet à ton conseiller France Travail avant de créer, pour connaître tes droits exacts.

Ton patrimoine personnel est-il protégé en micro-entreprise ?

Oui, et c’est une idée reçue tenace. Depuis mai 2022, tout entrepreneur individuel, micro-entrepreneur compris, bénéficie d’une séparation automatique entre patrimoine professionnel et personnel. Tes créanciers professionnels ne peuvent pas saisir ta résidence ou ton épargne personnelle, sauf exceptions comme la fraude ou une garantie que tu aurais signée.

La SASU protège de la même façon, puisque ta responsabilité est limitée à ton apport. Dans les deux cas, une banque qui te prête te demandera souvent une caution personnelle, et là tu engages tes biens. La protection du patrimoine n’est donc plus un bon argument pour choisir la SASU.

En SASU sans salaire, tu ne cotises pas pour ta retraite et tu n’as pas droit aux indemnités journalières en cas d’arrêt maladie. Se payer uniquement en dividendes est tentant, mais ça revient à renoncer à ta protection sociale. Prévois au minimum une petite rémunération ou une prévoyance privée.

Peut-on commencer en micro et passer en SASU plus tard ?

Oui, et c’est souvent le chemin le plus sage. Tu démarres en micro-entreprise pour tester ton activité à moindre coût. Quand ton chiffre d’affaires ou tes frais le justifient, tu crées ta SASU, tu y transfères ton activité et tes contrats, puis tu fermes ta micro. Pour tes clients, seul change le numéro Siret sur tes factures.

Le bon moment pour y réfléchir arrive quand ton chiffre d’affaires dépasse les deux tiers du plafond, ou quand tes frais grimpent. Fais alors le calcul de l’exemple de Clara avec tes vrais chiffres, idéalement avec un expert-comptable. Le passage prend quelques semaines et coûte quelques centaines d’euros.

Comment créer ta micro-entreprise ou ta SASU ?

Les deux se déclarent sur le guichet unique de l’INPI, en ligne. La différence tient à ce qu’il faut préparer avant de cliquer sur « valider ».

Les démarches pour une micro-entreprise

  1. Remplis la déclaration de début d’activité sur le guichet unique, avec une pièce d’identité et un justificatif de domicile.
  2. Choisis au passage le versement libératoire si tu y as droit, et demande l’ACRE, qui réduit tes cotisations la première année. Depuis 2026, elle n’est plus automatique.
  3. Reçois ton numéro Siret, en général sous deux à quatre semaines, puis ouvre un compte bancaire dédié dès que tu dépasses 10 000 € de chiffre d’affaires deux années de suite.

Tout se fait en une soirée, sans frais, sauf pour quelques activités artisanales ou réglementées qui demandent une qualification.

Les démarches pour une SASU

  1. Rédige les statuts, seul avec un modèle ou avec un juriste. C’est le document qui fixe les règles de ta société, prends-le au sérieux.
  2. Dépose ton capital sur un compte bloqué, à la banque ou chez un notaire, et récupère l’attestation de dépôt.
  3. Publie une annonce légale dans un journal habilité.
  4. Envoie le dossier complet sur le guichet unique, avec la déclaration des bénéficiaires effectifs.

Compte deux à trois semaines entre la rédaction des statuts et le Kbis. Avant même d’ouvrir, choisis ton expert-comptable. Il t’aidera à fixer ta rémunération et à tenir la comptabilité dès le premier jour.

Ce qu’il faut retenir pour décider

Choisir entre micro-entreprise ou SASU revient à arbitrer entre simplicité et souplesse. La micro coûte presque rien, se gère seule et convient à la plupart des débuts d’activité, surtout dans les services. La SASU se justifie quand tes frais, ton chiffre d’affaires ou tes projets d’association dépassent ce que la micro peut porter.

Ne choisis pas ton statut pour l’image qu’il renvoie. Choisis-le d’après tes chiffres. Dès maintenant, note ton chiffre d’affaires prévu sur 12 mois et tes frais, puis refais le calcul de Clara. Si la micro gagne, crée-la en ligne cette semaine et concentre-toi sur tes clients.

Les questions qu’on se pose souvent

La SASU est-elle plus crédible auprès des clients ?

Auprès de certains grands comptes, une société rassure davantage, et quelques-uns exigent un fournisseur en société. Pour la plupart des clients, particuliers comme petites entreprises, le statut ne change rien. Ils regardent ton travail et ton prix. Ne crée pas une SASU pour ce seul motif sans l’avoir vérifié avec tes prospects.

Quel capital faut-il pour créer une SASU ?

Le capital est libre, à partir de 1 €. Un capital de quelques centaines ou milliers d’euros donne une meilleure image auprès des banques et des fournisseurs. Il reste l’argent de la société, disponible pour ses dépenses.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond de la micro-entreprise ?

Un seul dépassement ne te fait pas sortir du régime. Selon Service-public.fr, c’est un dépassement sur deux années civiles consécutives qui entraîne la bascule vers le régime réel au 1er janvier suivant. Anticipe dès la première année de dépassement pour préparer ta société.